Les communiqués de presse sont destinés
à l'information ils ne constituent pas un compte rendu officiel)
-WMO-N° 694
LE CONGRÈS
MÉTÉOROLOGIQUE MONDIAL FIXE DES PRIORITÉS POUR LA
COOPÉRATION INTERNATIONALE DANS LES DOMAINES DU TEMPS, DE L'EAU ET DU
CLIMAT
Genève, 24 mai 2003 - A l'issue de trois semaines de
discussions intenses sous la présidence de M. John Zillman (Australie),
le Congrès météorologique mondial a décidé
aujourd'hui, à l'unanimité, des grandes orientations pour les
activités de l'Organisation météorologique mondiale (OMM)
pendant les quatre prochaines années. Les principaux défis
à relever sont les suivants : la prévention des catastrophes
naturelles et l'atténuation de leurs effets ; l'évaluation des
ressources en eau ; la recherche sur les changements climatiques et ses
applications ; la recherche scientifique et technique pour lutter contre la
dégradation de l'environnement ; le renforcement des capacités
techniques des Services météorologiques et hydrologiques
nationaux.
Plus de 800 directeurs de Services
météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN), hautes
personnalités et représentants d'organisations
météorologiques et hydrologiques de 171 pays ont participé
au Quatorzième Congrès météorologique mondial, qui
s'est tenu à Genève (Suisse) du 5 au 24 mai 2003. Ce
congrès, où 36 organisations internationales étaient en
outre représentées, a terminé ses travaux un jour avant la
date initialement prévue. Deux pays supplémentaires, le Bhoutan
et Kiribati, ont adhéré à l'Organisation, portant ainsi le
nombre d'Etats et territoires Membres à 187.
Pour le Secrétaire général de l'OMM, M.
G.O.P Obasi, les résultats obtenus confirment " la volonté
affichée du Congrès de poursuivre, en s'inscrivant dans une
perspective d'avenir, les activités qui contribuent au
développement socio?économique durable de tous les pays de la
planète. Le Congrès a formulé des orientations au sujet
des programmes scientifiques et techniques et a donné son accord pour la
mise en uvre de nouveaux programmes stratégiques relatifs à
l'espace, aux pays les moins avancés, à l'atténuation des
effets des catastrophes ainsi qu'à un certain nombre de questions
liées au renforcement des capacités des SMHN, à leur image
de marque et à la reconnaissance de leur rôle en faveur du
développement durable. Le Congrès a beaucoup insisté, en
particulier, sur la formation professionnelle et le renforcement des
capacités, notamment dans le cas des SMHN des pays en
développement. Il est fort agréable de constater qu'une
communauté de vues s'est dégagée sur toutes les questions,
y compris les plus complexes, grâce à une grande
compréhension réciproque, dans l'intérêt
général de l'Organisation ".
Après avoir remercié toutes celles et tous
ceux qui l'ont conseillé et aidé ces 20 dernières
années à exercer au mieux sa fonction de Secrétaire
général de l'OMM, M. Obasi a indiqué qu'il ne doutait pas
un seul instant que l'Organisation continuerait de se développer. Selon
lui, " on percevra encore mieux à l'avenir qu'il s'agit d'une
organisation scientifique et technique véritablement internationale, qui
contribue incontestablement au bien-être des générations
actuelles et futures ".
Le Président sortant, M. John Zillman, a
déclaré que le Congrès avait souscrit à de
nouvelles perspectives d'avenir pour l'OMM et élaboré un plan
pour ce faire. Le Congrès a en effet lancé un Programme spatial
de l'OMM et adopté un nouveau cadre pour l'atténuation des effets
des catastrophes naturelles d'origine météorologique et
hydrologique. Les SMHN des pays développés comme des pays en
développement ont, en la matière, un rôle essentiel
à jouer, puisqu'il leur incombe de faire profiter leurs
communautés nationales respectives de tous les avantages qu'offrent les
programmes de l'Organisation. L'OMM envisagera de nouveaux moyens de renforcer
les services météorologiques destinés au public. M.
Zillman a souhaité le plus grand succès à son successeur,
M. Alexandre Bedritsky, ainsi qu'au nouveau Secrétaire
général dans l'action déterminée qu'il leur faudra
engager pour assurer la bonne exécution des décisions du
Congrès. " Je ne connais guère de meilleur exemple de
coopération internationale dans le monde entier ", a-t-il ajouté.
Reconnaissant l'importance du rôle que jouent l'OMM et
les SMHN en la matière, le Congrès a décidé de
mettre en train un nouveau grand programme de prévention
des catastrophes naturelles et d'atténuation de leurs effets
(Cg?XIV/PINK 7.4). Ce programme transsectoriel est destiné
à resserrer la coopération internationale pour ce qui est des
activités relatives aux catastrophes naturelles. Près de 80 % des
catastrophes naturelles et 90 % des pertes en vies humaines qu'elles
entraînent sont d'origine météorologique ou hydrologique.
Pour un grand nombre de pays en développement, les pertes humaines et
matérielles causées par ces catastrophes sont un frein
d'importance au développement durable, comme cela a été
mentionné lors du Sommet mondial pour le développement durable
(Johannesburg, 2002). Les participants au Sommet ont estimé que des
mesures devraient être prises à tous les niveaux pour renforcer la
surveillance au sol et utiliser au mieux les données de satellite, de
façon à améliorer les systèmes d'alerte
précoce et à obtenir des prévisions plus fiables des
phénomènes météorologiques extrêmes. Pour
mettre en uvre son nouveau programme, l'OMM collaborera avec les autres
organisations et programmes internationaux concernés, et notamment avec
la Stratégie internationale de prévention des catastrophes. Le
Congrès a également décidé qu'il convenait de
renforcer le Programme de l'OMM concernant les cyclones tropicaux (Cg-XIV/PINK
3.1.7)
Le Congrès a aussi préconisé le
renforcement des activités menées par l'OMM dans le domaine de
l'hydrologie et de la mise en valeur des ressources en eau (Cg-XIV/PINK 3.5).
Si l'on insiste sur la nécessité d'un renforcement du Programme
d'hydrologie et de mise en valeur des ressources en eau de l'OMM, c'est qu'on a
constaté que la pénurie croissante, le maintien toujours plus
problématique de la qualité et l'usage abusif de plus en plus
répandu de l'eau douce menaçaient gravement le
développement durable. Les catastrophes causées par l'eau, dont
la fréquence a dernièrement augmenté, font de plus en plus
de victimes et de dégâts. Pour que les pays puissent
élaborer des plans intégrés de gestion et d'utilisation
rationnelles des ressources en eau - comme l'ont demandé les
participants au Sommet mondial pour le développement durable -, il faut
qu'ils procèdent au préalable à une évaluation
correcte de ces ressources. Une bonne gestion de l'eau passe d'abord par une
bonne information. De quelles quantités d'eau dispose-t-on ? Où
peut-on en trouver ? Les sources d'approvisionnement sont-elles sûres ?
Avec quelle précision et à quelle échéance peut-on
prévoir les crues et éviter les catastrophes ? Ce sont là
des questions auxquelles l'OMM et les SMHN sont les mieux à même
de répondre.
Le Congrès a décidé que l'OMM devrait
contribuer activement au suivi du Sommet de Johannesburg pour toutes les
questions relatives à l'eau douce, et notamment pour ce qui est du
renforcement des capacités. Cette décision répond à
l'appel lancé lors du Sommet en vue d'" appuyer les efforts
déployés par les pays en développement et les pays en
transition pour suivre et évaluer la quantité et la
qualité des ressources en eau, notamment en établissant des
réseaux nationaux de surveillance et des bases de données sur les
ressources en eau, ou en les renforçant s'ils existent
déjà, et en élaborant les indicateurs nationaux
nécessaires ".
L'OMM, qui dès 1976 avait attiré l'attention
de la communauté internationale sur le changement
climatique et ses effets et qui a jeté les bases scientifiques
pour les actions internationales visant à lutter contre le
réchauffement planétaire, voit son mandat renforcé sur
trois points. Soulignant qu'" il est important et urgent d'acquérir une
information plus détaillée sur les propriétés du
système climatique de la Terre et sur son évolution ", le
Congrès a pris des mesures en vue de renforcer le Système mondial
d'observation du climat (SMOC), un grand programme parrainé par l'OMM.
En particulier, il a prié instamment les Membres de l'OMM " d'envisager,
s'il y a lieu, de prêter leur concours au renforcement des
capacités des pays en développement en ce qui concerne la
collecte, l'échange et l'utilisation des données, de
manière à satisfaire les besoins nationaux, régionaux et
internationaux en la matière ". Les Membres de l'OMM sont
également priés " de renforcer les programmes internationaux et
intergouvernementaux mis en oeuvre pour aider les pays à acquérir
et à exploiter au mieux les informations climatologiques " (Cg?XIV/PINK
3.2.3.). Venant s'ajouter à d'autres décisions du Congrès
(Cg?XIV/PINK 3.2.7) - en particulier celles qui appuient les travaux du Groupe
d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)
(Cg?XIV/PINK 3.2.2) -, ces mesures visent à réduire l'incertitude
scientifique. Une troisième série de décisions prises par
le Congrès ont pour objet de développer les applications
concrètes de la recherche climatologique afin de contribuer à la
lutte contre la pauvreté, à la sécurité alimentaire
et à la prévention des catastrophes.
Considérant qu'" il est primordial de disposer de
données d'observation et de bases de données climatologiques de
haute qualité pour déterminer et surveiller la variabilité
et l'évolution du climat et pour mettre en oeuvre des applications
climatologiques et des services de prévision ", le Congrès a
demandé instamment aux Membres de coopérer pour " continuer, dans
la mesure du possible, de mettre en service, d'entretenir et de renforcer les
réseaux d'observation du climat, à des fins d'analyse aux niveaux
national, régional et mondial " et " renforcer la surveillance du climat
ainsi que les moyens d'alerte et de prévision en vue de la fourniture de
produits et de services nouveaux ou de meilleure qualité " (Cg?XIV/PINK
3.2.5).
La Veille météorologique
mondiale, qui est le programme phare de l'OMM, a été
renforcée par des décisions destinées à favoriser
le perfectionnement des instruments et des méthodes d'observation
(Cg?XIV/PINK 3.1.5) et à aider les pays en développement à
renforcer leurs capacités opérationnelles (Cg?XIV/PINK 3.1.0)
ainsi que par le lancement d'un nouveau Programme spatial de l'OMM de grande
ampleur et interdisciplinaire, en vue d'améliorer l'efficacité
des systèmes satellitaires et leur contribution aux programmes de l'OMM
(Cg-XIV/PINK 3.1.6).
L'OMM participe à la lutte contre la
dégradation de l'environnement par le biais de ses activités de
recherche et de surveillance de l'atmosphère et par la collecte de
données sur les polluants atmosphériques. Elle prend notamment
une part très active à la mise en uvre de la Convention de
Vienne pour la protection de la couche d'ozone et de son Protocole de
Montréal. Le Congrès a demandé à l'OMM de
procéder à des évaluations périodiques plus
fréquentes d'un certain nombre de gaz à effet de serre et
d'aérosols. Ces évaluations devraient permettre de fournir des
informations de la plus haute importance au GIEC et aux Parties à la
Convention?cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (Cg-XIV/PINK
3.3.1).
Dans le cadre du programme d'action en faveur des pays les
moins avancés (PMA) pour la décennie 2001?2010 - adopté
par la troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les
moins avancés (Bruxelles, mai 2001) -, le Congrès a
décidé de créer un Programme de l'OMM en faveur des pays
les moins avancés afin de " veiller à long terme à ce que
les SMHN des PMA contribuent efficacement aux programmes de
développement économique et social des pays concernés "
(Cg-XIV/PINK 3.7).L'OMM continuera aussi d'intensifier ses activités
d'enseignement et de formation professionnelle à l'intention des SMHN
(Cg-XIV/PINK 3.6).
Le Congrès a nommé M. Michel Jarraud,
Secrétaire général adjoint de l'OMM depuis 1995, au poste
de Secrétaire général de l'Organisation pour un mandat de
quatre ans à compter du 1er janvier 2004 (voir le communiqué de
presse n° 690). Il a en outre décerné à M. Obasi le
titre honorifique de " Secrétaire général honoraire ", en
reconnaissance des " éminents services " qu'il a rendus à
l'Organisation météorologique mondiale et du fait " qu'il a, par
conséquent, contribué au renforcement, sur le plan international,
de la coopération, de l'élaboration des politiques et de
l'acquisition de connaissances dans les domaines de la
météorologie, de l'hydrologie et des sciences géophysiques
et environnementales connexes ainsi que dans ceux de la gestion des ressources
naturelles et du développement durable " (Cg-XIV/PINK 12.3).
Le Conseil exécutif se réunira du 26 au 28 mai
au siège de l'Organisation, sous la présidence du nouveau
Président de l'OMM, M. Alexandre I. Bedritsky (Fédération
de Russie) (voir le communiqué de presse n° 691).
Il est possible de consulter les documents du
Congrès à l'adresse Internet suivante :
ftp://www.wmo.ch/Documents/sessions/Cg-XIV/French/PINK/
Les journalistes sont cordialement invités à
assister à la conférence de presse sur les résultats du
Quatorzième Congrès météorologique mondial qui sera
donnée le lundi 26 mai à midi, au Palais des Nations (salle III),
par le Secrétaire général de l'OMM nouvellement
élu, M. Michel Jarraud, et le Président nouvellement élu,
M. Alexandre I. Bedritsky (Fédération de Russie).
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Pour de plus amples renseignements, veuillez vous adresser
à :
Mme Carine Richard-Van Maele
Chef du Bureau de l'information et des relations
publiques
Organisation météorologique mondiale
7 bis, avenue de la Paix
CH-1211 Genève 2Suisse
Tél. : (41.22) 730.83.14 ou 730.83.15Fax : (41.22)
730.80.27Courriel : ipa@gateway.wmo.chSite Web : http://www.wmo.ch
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