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ils ne constituent pas un compte rendu officiel) -OMM-N° 734




TROU DANS LA COUCHE D'OZONE: L'OMM APPELLE À UNE PLUS GRANDE VIGILANCE ET À UN STRICT RESPECT DE LA CONVENTION DE VIENNE ET DU PROTOCOLE DE MONTRÉAL


Genève, le 16 septembre 2005 (OMM) - Le trou dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique ne montre encore aucun signe de faiblesse. Celui de cette année est d'ailleurs proche du record atteint en 2003. Les dernières mesures ont été publiées dans le Bulletin sur l'ozone de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) le 16 septembre, date de la Journée internationale de la protection de la couche d'ozone.

Les scientifiques guettent les premiers signes positifs qui donneraient à penser que nous amorçons la première phase de la reconstitution de la couche d'ozone. Celle-ci ne devrait pas retrouver son état originel avant le milieu de ce siècle, c'est-à-dire lorsque les concentrations atmosphériques de chlore et de brome seront vraisemblablement redescendues en deçà du seuil qui avait déclenché la formation du trou. On ne saurait toutefois affirmer que la couche d'ozone parviendra un jour à se reconstituer intégralement." C'est ce qu'a déclaré Michel Jarraud, Secrétaire général de l'OMM, qui a ajouté: "En raison des incertitudes qui planent sur l'avenir de la couche d'ozone, il nous appartient de poursuivre les observations et de viser une interprétation encore plus poussée des observations au sol et par satellite et des produits de la prévision numérique."

Klaus Toepfer, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), dont le secrétariat de l'ozone est au service du Protocole de Montréal et de la Convention de Vienne, a déclaré: "La campagne menée pour préserver la couche d'ozone est un très grand succès, mais le sauvetage ne sera effectif que lorsque les émissions de CFC et d'autres substances nocives pour l'ozone auront totalement cessé."

La Commission internationale de l'ozone et l'OMM distinguent trois phases dans la reconstitution de la couche d'ozone: la première est celle du ralentissement du rythme de destruction de l'ozone, la deuxième débutera lorsque les valeurs de l'ozone auront atteint leur plancher et qu'elles recommenceront à augmenter, et l'on parviendra à la troisième et dernière phase lorsque les valeurs de l'ozone total auront retrouvé leur niveau d'avant 1980, c'est-à-dire avant le début de la formation du trou d'ozone au-dessus de l'Antarctique. Des résultats de mesures ont été publiés qui donnent à penser que la déperdition d'ozone s'est ralentie dans certaines régions du globe. Toutefois, les variations interannuelles des conditions météorologiques régnant dans la stratosphère font fluctuer le degré de destruction de l'ozone, et il est donc difficile de savoir si le minimum a été atteint et si la phase 2 s'est amorcée. Pour en être sûr, il faudra au moins cinq à dix années d'observation supplémentaires. D'après les modèles informatiques, qui décrivent les processus chimiques et dynamiques dont l'atmosphère est le siège, les efforts déployés par la communauté internationale pour réduire la production et la consommation de composés destructeurs d'ozone stratosphérique porteront tous leurs fruits vers 2050, date à laquelle la couche d'ozone devrait avoir retrouvé son état originel, pour autant que les dispositions du Protocole de Montréal et de ses ajustements et amendements ultérieurs soient pleinement respectées. Ces dernières années, les scientifiques sont devenus de plus en plus conscients du lien qui pourrait exister entre l'amenuisement de la couche d'ozone et les changements climatiques: en effet, l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère entraînera un réchauffement du climat à la surface de la Terre, tandis qu'aux altitudes où se trouve la couche d'ozone, elle se traduira probablement par un refroidissement de l'atmosphère. On a effectivement observé ces dernières années un refroidissement de la stratosphère en hiver, au-dessus de l'Arctique comme de l'Antarctique. Cette baisse des températures stimule les réactions chimiques qui conduisent à la destruction de l'ozone. On constate dans le même temps une progression annuelle d'environ 1 % de la quantité de vapeur d'eau présente dans la stratosphère. Or, une stratosphère plus froide et plus humide favorise la formation de nuages stratosphériques polaires, ce qui devrait accentuer la déperdition d'ozone dans les régions polaires des deux hémisphères. Les changements observés dans la stratosphère pourraient retarder la reconstitution de la couche d'ozone. Il est donc capital que tous les pays qui conduisent des campagnes de mesures stratosphériques renforcent leurs programmes d'observation et que les bailleurs de fonds continuent de financer les travaux de recherche sur l'ozone stratosphérique et le rayonnement ultraviolet.

M. Jarraud prendra la parole le 21 septembre prochain dans la capitale autrichienne, à l'occasion du 20e anniversaire de la Convention de Vienne pour la protection de la couche d'ozone. Des prix seront remis au titre de cette convention aux personnes dont le travail aura le plus contribué à la connaissance et à la préservation de la couche d'ozone.

Vingt-deux pays ont signé la Convention de Vienne en 1985. Le Protocole de Montréal était signé deux années plus tard, le 16 septembre, date proclamée Journée internationale de la protection de la couche d'ozone par les Nations Unies. Ce protocole prévoyait l'élimination progressive de la production et de la consommation des composés destructeurs d'ozone stratosphérique - chlorofluorocarbures (CFC), halons, tétrachlorure de carbone et trichloroéthane - d'ici à 2000 (2005 pour le trichloroéthane).

L'OMM coordonne le Programme de la Veille de l'atmosphère globale (VAG), grâce auquel l'épaisseur de la couche d'ozone est mesurée quotidiennement par plus de cent stations réparties dans le monde. Les résultats des mesures sont communiqués au Centre mondial de données sur l'ozone et le rayonnement ultraviolet hébergé par Environnement - Canada à Toronto.

L'OMM coordonne également, avec le Conseil international pour la science (CIUS), les activités menées au titre de l'Année polaire internationale 2007/08. Des milliers de scientifiques collaborent à l'étude des processus qui se déroulent dans les régions polaires, notamment ceux qui concernent l'ozone stratosphérique et le rayonnement ultraviolet, pour tenter de les élucider.

L'OMM est une des organisations dont relève la Stratégie mondiale intégrée d'observation (IGOS), qui vise à fournir un cadre général pour l'harmonisation des principaux systèmes d'observation de la Terre à partir de l'espace et in situ. Il s'agit d'une stratégie d'ensemble pour les observations concernant le climat, l'atmosphère, les océans et les régions côtières, la surface des terres émergées et l'intérieur de la Terre. Le thème des observations intégrées de la chimie de l'atmosphère à l'échelle du globe (thème IGACO) est l'un des neuf thèmes de l'IGOS, et l'OMM a entrepris au titre de la VAG d'établir des secrétariats à l'appui de l'initiative IGACO. L'Institut météorologique finlandais a offert d'héberger l'un de ces secrétariats, celui qui s'occupera des observations de l'ozone. Ce secrétariat, qui devrait être opérationnel vers la fin de 2006, veillera à une meilleure intégration des mesures au sol et des observations par satellite ainsi que des produits de modèles numériques. On disposera ainsi en temps voulu de produits de qualité, intégrés à l'échelle du globe, relatifs à l'ozone et à d'autres paramètres pertinents. Ces produits seront d'une grande utilité pour l'évaluation de l'état de la couche d'ozone dans les régions polaires et à l'échelle de la planète.

Depuis 1988, l'OMM et le PNUE ont publié cinq évaluations scientifiques détaillées de l'appauvrissement de la couche d'ozone, qui font le point sur notre connaissance actuelle des changements qui se produisent dans la couche d'ozone stratosphérique, des processus chimiques et physiques à l'origine de ces changements et de leurs incidences sur les écosystèmes. Ces évaluations constituent la meilleure synthèse des informations disponibles sur la question de l'ozone et c'est sur elles que s'appuient les décideurs lorsqu'ils doivent arrêter les mesures nécessaires à la sauvegarde de la couche d'ozone. La prochaine évaluation scientifique est prévue pour 2006.
Mr Jarraud is a meteorologist with degrees from the prestigious French Ecole Polytechnique and the Ecole de la Météorologie Nationale.

L'Organisation météorologique mondiale est l'organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l'eau


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attaché de presse Bureau de la communication
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