BULLETIN AGRO-HYDRO-METEOROLOGIQUE de la deuxième décade de Juin 2006

N°2 de l'année 2006



Dans ce numéro :
Situation agrométéorologique
Situation hydrologique
Situation des cultures
Situation phytosanitaire
Situation alimentaire
Situation pastorale Rubrique
« Le saviez-vous »
Sommaire :
  • Précipitations faibles sur l’ensemble de la zone agricole;
  • Aucun écoulement important dans les principales unités hydrologiques de l'intérieur du pays.
  • Installation timide de la campagne agricole;
  • Présence d’ailés isolés matures et immatures de criquet pèlerin dans l’Aïr;
  • Pâturages verts inexistants en zone pastorale;
  • Foyers de piroplasmoses observés dans la région de Zinder Disponibilité des produits sur les marchés.
 SITUATION METEOROLOGIQUE: Précipitations faibles sur la majeure partie de la zone agricole

Situation synoptique
Elle se caractérise par une pénétration d’air humide faible sur une épaisseur de 1000m. Le flux d’air sec continue d’occuper la majeure partie du pays avec des infiltrations atteignant les frontières Sud avec le Nigeria et le Tchad. Le Fit garde une position moyenne de 15° Nord.

Situation pluviométrique
La deuxième décade de juin 2006 a été marquée par des précipitations faibles à modérées sur la majeure partie de la bande agricole. Néanmoins, de fortes pluies (plus de 50 mm en un jour) ont été enregistrées au niveau de certaines localités du sud des régions de Maradi et Zinder. Le cumul pluviométrique décadaire est inférieur à 10 mm sur environ 73% des postes suivis. Quant au cumul saisonnier au 20 juin 2006, il oscille entre 30 et 110 mm sur la majeure partie des postes suivis. Comparé à l’année passée et à la moyenne établie sur la période 1971_2000, ce cumul reste déficitaire sur respectivement 96% et 81% de ces postes.

Situation agrométéorologique
 Les conditions hydriques enregistrées au cours de la deuxième décade du mois de juin 2006 n’ont pas permis une généralisation des semis sur l’ensemble de la zone agricole. La pause pluviométrique en début de décade et les vents de sables observés sur certaines localités pourraient occasionner des échecs de semis ou le ralentissement du développement des plantules.
Les températures moyennes au sol variant entre 33 et 38° c restent favorables à la germination. Quant à l’humidité relative oscillant de 39 à 60% et l’insolation de 4 à 8 heures, elles sont favorables à la croissance des jeunes plantules.
SITUATION AGRICOLE: Poursuite des opérations de semis.

La campagne agricole d’hivernage 2006 s’installe très timidement dans la zone agricole du pays. Ainsi, la situation des semis demeure en retard à celle de l’année passée à la même période. La situation phytosanitaire est globalement calme. Sur le plan alimentaire, les produits sont disponibles sur les marchés et les prix sont en baise par rapport à la décade passée.
 Situation des cultures
Situation des semis

La couverture des semis au 20 juin 2006 est de 36% contre 80% en 2005. elle demeure donc largement en retard comparée à celle de l’année passée à la même période. Toutefois, il n’y’a pas matière à grande inquiétude d’autant que nous sommes encore dans la période normale des semis.


Situation phénologique
Elle est dominée par la levée, mais le stade le plus avancé est le tallage observé à Dosso ( sur 3% des superficies) et à Tahoua ( moins de 1% des emblavures

Situation alimentaire
Elle est satisfaisante et se traduit par l’existence de stocks, la disponibilité des produits sur les marchés et les coûts relativement bas comparés à 2005.




Situation relative au criquet pèlerin
Les flux d’air humide ont occasionné des pluies légères en plusieurs endroits dans la partie Ouest du Tadress et le Sud-est du Tamesna où des conditions favorables au développement du criquet pèlerin sont apparues(sols humides par endroit, espèces annuelles en pousses, espèces pérennes en reverdissement progressif).
Les missions de prospection ont signalé la présence d’ailés isolés matures (17°45’19’’N / 09°08’06’’E) et immatures (18° 35’ 32’’ N / 08°52’46’’E et 18° 31’25’’N / 08° 58’ 52’’E) dans l’Aïr. La présence acridienne a été constatée aussi à l’ouest de Krip-krip 17°30’10 N / 08°26’19 E, où deux mâles solitaires à ailes jaunes ont été observés en fin de la première décade de juin.

Situation relative aux autres ravageurs
Elle est calme dans les régions de Tillabery, Agadez, Diffa et la Communauté Urbaine de Niamey. Cependant une éclosion de sauteriaux a été observée à Rogogo (DA de Gangara) dans le département d’Aguié. On note l’apparition de criocères sur le mil dans le département de Boboye et ont disparu après une importante pluie. Les attaques des chenilles défoliatrices sur mil et sorgho dans le district agricole de Sia. Les dégâts sont jugés sévères. Un début d’attaque de cicadelles sur sorgho a été signalé dans le département de Keita. La manifestation de rongeurs avec des dégâts sur les semis est constatée dans les départements de Tahoua, Tchintabraden et Keïta. Des mouvements d’oiseaux granivores ont été signalés dans le département de Tanout.
 PERSPECTIVES PHYTOSANITAIRE
  1. Les conditions pluviométriques favorables observées dans toute la bande sud du pays pourraient déclencher des éclosions massives de sauteriaux. Un suivi rapproché et permanent de cette bande agricole doit être de mise.
  2. Les méthodes traditionnelles de lutte contre les rongeurs associées à la méthode de Kornaka doivent être appliquées dans la région de Tahoua où sévissent les rongeurs sur les semis et jeunes pousses de mil.
  3. Les conditions favorables au criquet pèlerin pourraient s’améliorer dans les jours à venir du fait que les premières pluies ont déjà commencé à tomber dans l’Aïr et le Tamesna. Les reproductions de solitaires pourraient commencer car certains individus observés sont déjà matures.
SITUATION HYDROLOGIQUE: timide variation des niveaux d’eau du fleuve Niger à Niamey.
 Elle n'a pas évolué de manière significative au cours de la deuxième décade de juin 2006. La situation des mares et des rivières du pays reste à l'image de la saison d'hivernage. Aucun écoulement important n'a encore été enregistré dans les principales unités hydrologiques de l'intérieur du pays.
Toutefois au niveau du fleuve Niger à Niamey, on a observé une timide variation des niveaux d'eau, se traduisant par une légère remontée des débits journaliers qui ont évolué de 50 à 60,2 m3/s au cours de la décade. Cette variation est consécutive aux pluies locales enregistrées pendant cette période.
L'hydrogramme du fleuve ainsi observé reste néanmoins très inférieur à celui enregistré l'année passée à la même période, à la moyenne des dix dernières années et à celui de 1998, année la plus humide de la dernière décennie. Comme pour la première décade, ces débits sont toutefois nettement supérieurs à ceux de 1985 qui est l'année hydrologique la plus sèche observée à Niamey.
A titre comparatif, le volume d’eau écoulée dans le fleuve Niger à Niamey entre le 11 et le 20 juin n'est que de 44,2 millions de m3 cette année contre 202,6 millions de m3 l'année dernière et 226,4 millions de m3 en 1998. La moyenne des dix dernières années est de 107,6 millions de m3. Ce volume d'eau était de l'ordre de 451.000 m3 en 1985.
SITUATION PASTORALE


Situation des pâturages
Dans la bande sud du pays, on observe au niveau de certaines enclaves pastorales, les stades phénologiques allant de la levée au tallage. En zone pastorale, l’installation de l’hivernage est timide et les pâturages verts sont encore inexistants.
Dans les zones sud, les éleveurs complètent la ration des animaux avec les résidus des cultures déjà stockés. Cependant, les pâturages exploités par les animaux sont surtout constitués de paille résiduelle et de ligneux fourragers. Dans la région de Tillabéri, la paille de riz et le bourgou (Echinochloa stagnina) viennent complétés les pâturages résiduels.

Situation des points d'eau de surface
Les pluies jusque là enregistrées n’ont pas permis la recharge significative des points d’eau de surface. Ceci fait que l’abreuvement s’effectue au niveau des cours d’eau permanent (mares permanentes, fleuves, Komadougou ....) et puits villageois en zone agro-pastorale. En zone pastorale les animaux s’abreuvent au niveau des forages et au niveau des puits cimentés, ce qui entraîne une forte concentration d’animaux autour de ces points d’eau occasionnant des temps d’abreuvement assez long pour les éleveurs.

Mouvement des Troupeaux 
Dans la zone pastorale, les animaux sont toujours concentrés autour des points d’eau importants. En zone agricole, les aires de pâturages locales constituent les lieux de cantonnement des troupeaux sédentaires et une étape d’arrêt momentané pour les transhumants qui amorce un mouvement timide du sud vers le nord selon les régions. De plus, on note une forte concentration des troupeaux dans les zones intermédiaires et dans les zones agricoles sud en particulier au niveau des enclaves pastorales et des forêts classées. Dans la région de Tillabéri, la transhumance vers le Bénin, le Burkina Faso observée depuis plus de deux mois se poursuit au niveau des départements de Kollo et de Say. Dans la région de Diffa, la majorité des troupeaux est concentré dans le lit du lac Tchad.
 
Situation sanitaire
Elle est globalement satisfaisante dans l’ensemble du pays.
Néanmoins des foyers de piroplasmoses observés dans la région de Zinder (Yari ; Maja et Yougoum) au cours de la précédente décade sont en train d’être jugulés par le traitement au Berenyl. Pour le foyer de la grippe aviaire signalée dans la localité de Boko Mai Gao (région de Maradi, département de Madarounfa) les services vétérinaires ont déjà circonscris ce foyer par l’application des mesures sanitaires conséquentes (abattage et incinération des sujets).

Commercialisation du bétail
Les prix des animaux sur les marchés au cours de cette semaine ont été moins favorables et en légère hausse pour certaines catégories d’animaux. Ainsi, selon les catégories des hausses de 2% à 7% ont été enregistrées au niveau des béliers, chèvres et chamelles, tandis que les baisses relevées se situent entre 1% et 5% pour les bovins par rapport à la semaine précédente.
Les termes de l’échange restent en faveur de l’éleveur. Ainsi par rapport à la semaine passée le rapport chèvre/ mil, est en hausse de 5%, bélier /mil 1%, une stabilité pour le bouc tandis que des chutes respectives de 2% et 4% ont été constatées pour les bovins et camélins.
 Le saviez-vous ?
 GROUPE DE TRAVAIL PLURIDISCIPLINAIRE (GTP-NIGER)

Chef de fil du groupe: Direction de la Météorologie Nationale du Niger BP 218 Niamey (NIGER)
Téléphone : 00 227 20 73 21 60 Télécopie : 00 227 20 73 38 37 Messagerie : dmn@intnet.ne
« La météorologie au service du développement et pour la sécurité des personnes et des biens »
 Participent à l'élaboration de ce Bulletin :
CABINET DU PREMIER MINISTRE La Cellule de Coordination du Système d'Alerte Précoce ( CC/SAP) BP : 893 Tel : 20 72.39.53 Fax : 20 72 34.56
MINISTERE DES TRANSPORTS ET DE L’AVIATION CIVILE
Direction de la Météorologie Nationale : Coordonnateur GTP BP : 218 Tel : 20 73.21.60 Fax : 20 73.38.37
MINISTERE DU DEVELOPPEMENT AGRICOLE Direction de la Statistique (DS) BP : 323 Tel : 20 37 27 75
Direction de la Protection des Végétaux (DPV) BP : 323 Tel : 20 74.25.56 –20 74.19.83
MINISTERE DES RESSOURCES ANIMALES Direction de la Production Animale (DPA) BP : 1268 Tel : 20 73.21.47 - 20 73.31.59
MINISTERE DE L'HYDRAULIQUE Direction des Ressources en Eau (DRE) BP : 257 Tel : 20 72 38 85
Avec la participation de la Gendarmerie Nationale (Ministère de la Défense), FNIS :
Radio Présidence (Ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation) pour la transmission des données.
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