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CLIMATOLOGIE
Introduction
Le Niger, pays sahélien
et continental couvre une superficie de 1 267 000 km2 dont les ¾ sont
désertiques. Comme tous les pays le Niger entretient une Direction
Météorologique Nationale (DMN) composée des
différents services dont, le service climatologie. La
présentation ci-après tourne autour de certaines activités
du service climatologie dans le contexte dun pays en voie de
développement où plusieurs activités
socio-économiques restent tributaires des aléas climatiques. Dans
ce document, un accent particulier est mis sur les relations
climat-santé et climat production agricole. I. Présentation du
Service du Service Climatologie
1. Le système
dobservation du climat au Niger
Le réseau
dobservation météorologique du Niger comprend (carte
1): 14 stations Synoptiques. 3 stations
Agrométéorologiques. 10 stations Climatologiques. 600
postes pluviométriques.
Au Niger, on procède à
la collecte routinière des données météorologiques
de toutes les stations cités plus haut. Les données
collectées sont archivées au niveau de la Direction de la
Météorologie Nationale (DMN) et ses démembrements, sur des
supports papier, informatiques et cartes analysées quotidiennement
à chaque réseau synoptique. Les différents carnets
dobservations provenant de toutes les stations des réseaux
synoptiques, climatologiques, pluviométriques et
agrométéorologiques sont également archivés
à la DMN.
2. Réseau synoptique
Le
réseau synoptique du Niger comprend quatorze (14) stations toutes
opérationnelles. Les données de 11 stations font lobjet
déchange international cest à dire quelles sont
reçues dans les centres mondiaux. Seules les stations de Bilma (61017),
Diffa (61085) et Magaria (61091) sont destinées aux échanges
régionaux (région Afrique).
La mise en uvre du
Système mondial dobservation (SMO) au Niger a connu
dimportantes lacunes et insuffisances ces dernières années
particulièrement par une baisse importante de ressources
financières caractérisée par un manque de budget
dinvestissement et des réductions presque chaque année du
budget de fonctionnement de la DMN.
En ce qui concerne les observations
en surface de nombreux équipements de mesure sont obsolètes, en
panne ou inexistants ; il sagit notamment des équipements de
mesure de vent en surface, de la pression et de sondage. On note un manque
crucial des instruments enregistreurs. Par ailleurs, de nombreuses stations
effectuent un programme incomplet dobservation par manque de personnel et
consommables. Mais contrairement à la situation catastrophique que
connaît léchange des messages CLIMAT en provenance des
stations dAfrique, ceux qui sont produits par les 14 stations synoptiques
du Niger sont bien reçus dans les centres mondiaux du Réseau
principal des télécommunications (RPT).
En matière
dobservations en altitude, la station de Niamey effectue un programme
complet dobservation en altitude (00TU et 12TU). Au niveau dAgadez,
un seul lâcher est effectué à 12TU ; cette situation est
liée à un sous effectif et à la rationalisation des
consommables fongibles. Quant au sondage par ballon pilot, quatre stations
(Bilma, Konni, Maradi et Zinder) exécutent un programme incomplet qui se
limite à deux lâchers par jour (06 TU et 18TU) par manque de
produits fongibles en quantité suffisante.

Carte 1 : Réseaux dobservation du Niger
3. Stations Climatologiques,
agrométéorologiques et pluviométriques
Il
existe au Niger huit stations climatologiques (Tessaoua, Doutchi, Madaoua,
Dakoro, Goudoumaria, Tera, Tanout et Tapoa) qui effectuent des observations
climatologiques classiques. Quant aux postes pluviométriques, il y a
plus de 600 stations dont les données sont collectées par
plusieurs sources notamment les agents dagriculture, les enseignants, les
gendarmes et des bénévoles. Elles sont communiquées soit
directement à la direction de la météorologie nationale
par la poste ou par la voie de la radio présidence après une
diffusion sur les antennes de la voix du Sahel (radio nationale) en
début de son journal parlé. Les stations
agrométéorologiques sont au nombre de trois (Chikal, Keita et
Tabelot) et effectuent des observations agrométéorologiques
normales.
II. Climatologie et
activités socio-professionnelles au Niger
1.
Caractéristiques climatiques Le climat du Niger est un
climat tropical semi-aride, avec une saison sèche et une saison
pluvieuse bien marquées. La saison sèche s'étend
généralement d'octobre à mai . Elle est
caractérisée par des tempêtes de sable et de
poussière et des coups de vent fréquents, qui ont souvent des
effets très nocifs sur la santé (maladies respiratoires, maladies
diarrhéiques, fièvres, toux, refroidissements, rougeole, etc.) et
sur l'environnement (accumulation de sable, érosion, etc.).
La
saison des pluies s'étend généralement de juin à
septembre . En règle générale, la quantité de
précipitation et la durée de la saison des pluies diminuent
à mesure que l'on se déplace vers le Nord et varient
considérablement selon le moment et le lieu. Le niveau annuel normal des
précipitations va de moins de 0 mm à 750 mm du nord au sud du
pays. Les précipitations quotidiennes les plus fortes se produisent
généralement en juillet et en août, si bien que les
quantités de pluie reçues durant ces deux mois
représentent plus de 70 % du total annuel. De plus, même pendant
la saison des pluies, des périodes sèches de cinq à dix
jours sont relativement fréquentes.
Les températures
annuelles moyennes sont très stables et s'échelonnent entre 25 et
30 degrés Celsius. Toutefois, les moyennes mensuelles varient selon la
saison. On observe deux maxima saisonniers (avril/ mai et octobre) et deux
minima saisonniers (décembre/ janvier et août). Dans toutes les
régions du pays, les températures les plus élevées
(plus de 40 degrés Celsius) sont enregistrées durant la saison
sèche, mais plus tôt dans le Sud du pays (avril et mai) que dans
le Nord (mai et juin). Durant la saison des pluies, les températures
atteignent généralement leurs minima relatifs en août et
leur maxima relatif vers la fin de la saison (septembre et octobre). Le maximum
relatif intervient plus tard dans le Sud (octobre) que dans le Nord
(septembre).
Les principales zones agro-climatiques sont les
suivantes (carte 2):
-La zone saharienne : Cette zone
couvre tout le Nord du pays et est très étendue; elle se
caractérise par une pluviométrie annuelle normale
inférieure à 150 mm et une saison des pluies normale qui dure
à peine 1 mois, si bien que l'agriculture non irriguée est
presque impossible.
-La zone sahélienne
nomade : Cette zone, qui se trouve dans le
Centre- Nord du pays, se caractérise par une pluviométrie
annuelle comprise entre 150 et 300 mm et une saison des pluies qui dure 1
à 2 mois. Elle convient très bien au nomadisme et la principale
activité est l'élevage itinérant, mais l'agriculture non
irriguée est pratiquée ça et là dans le sud de
cette zone.
- La zone sahélienne
sédentaire : Située au Centre-
Sud du pays, cette zone est caractérisée par une
pluviométrie annuelle normale comprise entre 300 et 600 mm et une
durée normale de la saison des pluies comprise entre 2 et 3 mois.
Domaine de lagriculture pluviale par excellence, cette zone est à
vocation surtout agricole même si lélevage y est
pratiqué çà et là dans la bordure Nord.
-
La zone soudanienne : Située au Sud du pays et relativement peu
étendue, cette zone se caractérise par une pluviométrie
annuelle normale comprise entre 600 et 750 mm et une saison des pluies qui dure
normalement 3 à 4 mois. La principale activité est l'agriculture
et cette zone est la mieux adaptée à l'agriculture.

Carte 2: Principales zones agro-climatiques
Le Niger est un pays où les
contraintes climatiques en particulier pluviométriques, ont une forte
influence sur le développement socio-économique et la vie de la
population. En effet depuis 1968 , le pays a connu plusieurs années de
déficit pluviométrique (1968 , de 1971 à 1974 , 1984 ,
1987, 1989, 1990, 1993, 1995 et 1996) qui se sont traduites par des
périodes de sécheresse chroniques (Figure1) qui nont
cessé de réduire la production agricole et de dégrader les
ressources pastorales et forestières, dont dépend
lexistence des populations. Ainsi, des études ont
été menées dans plusieurs domaines pour expliquer
convenablement les relations qui existe entre le climat et ces
différentes activités :

Figure 1 :
Variabilité des pluies au Niger ; la période de 1950 à
2000 |
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